Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 13:56

Gaudium et Spes 32


 Le Verbe incarné et la solidarité humaine

32  De même que Dieu a créé les hommes non pour vivre en solitaires, mais pour qu'ils s'unissent en société, de même il lui a plu aussi "de sanctifier et de sauver les hommes non pas isolément, hors de tout lien mutuel; il a voulu au contraire en faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté"(13). Aussi, dès le début de l'histoire du salut, a-t-il choisi des hommes non seulement à titre individuel, mais en tant que membres d'une communauté. Et ces élus, Dieu leur a manifesté son dessein et les a appelés "son peuple" (Ex 3,7-12). C'est avec ce peuple qu'il a, en outre, conclu l'Alliance du Sinaï (14).
 
 Ce caractère communautaire se parfait et s'achève dans l'oeuvre de Jésus-Christ. Car le Verbe incarné en personne a voulu entrer dans le jeu de cette solidarité. Il a prit part aux noces de Cana, il s'est invité chez Zachée, il a mangé avec les publicains et les pécheurs. C'est en évoquant les réalités les plus ordinaires de la vie sociale, en se servant des mots et des images de l'existence la plus quotidienne, qu'il a révélé aux hommes l'amour du Père et la magnificence de leur vocation. Il a sanctifié les liens humains, notamment soumis aux lois de sa patrie. Il a voulu mener la vie même d'un artisan de son temps et de sa région.
 
 Dans sa prédication, il a clairement affirmé que des fils de Dieu ont l'obligation de se comporter entre eux comme des frères. Dans sa prière, il a demandé que tous ses disciples soient "un". Bien plus, lui-même s'est offert pour tous jusqu'à la mort, lui, le rédempteur de tous. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis"(Jn 15,13). Quant à ses apôtres, il leur a ordonné d'annoncer à toutes les nations le message évangélique, pour faire du genre humain la famille de Dieu, dans laquelle la plénitude de la loi serait l'amour.
 
 Premier-né parmi beaucoup de frères, après sa mort et sa résurrection, par le don de son Esprit il a institué, entre tous ceux qui l'accueillent par la foi et la charité, une nouvelle communion fraternelle: elle se réalise en son propre Corps, qui est l'Eglise. En ce Corps, tous, membres les uns des autres, doivent s'entraider mutuellement, selon la diversité des dons reçus.
 
 Cette solidarité devra sans cesse croître, jusqu'au jour où elle trouvera son couronnement: ce jour-là, les hommes, sauvés par la grâce, famille bien-aimée de Dieu et du Christ leur frère, rendront à Dieu une gloire parfaite.

 Notes:
 (13) Conc. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, LG 9
 (14) Cf. Ex 24,1-8


 

Gaudium et Spes 38-39



 L'activité humaine et son achèvement dans le mystère pascal

38  Le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s'est lui-même fait chair et est venu habiter la terre des hommes (10). Homme parfait, il est entré dans l'histoire du monde, l'assumant et la récapitulant en lui (11). C'est lui qui nous révèle que "Dieu est charité" (1Jn 4,8) et qui nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l'amour. A ceux qui croient à la divine charité, il apporte ainsi la certitude que la voie de l'amour est ouverte à tous les hommes et que l'effort qui tend à instaurer une fraternité universelle n'est pas vain. Il nous avertit aussi que cette charité ne doit pas seulement s'exercer dans des actions d'éclat, mais, et avant tout, dans le quotidien de la vie. En acceptant de mourir pour nous tous, pécheurs (12), il nous apprend, par son exemple, que nous devons aussi porter cette croix que la chair et le monde font peser sur les épaules de ceux qui poursuivent la justice et la paix. Constitué Seigneur par sa résurrection, le Christ à qui tout pouvoir a été donné, au ciel et sur la terre (13) agit désormais dans le coeur des hommes par la puissance de son Esprit; il anime aussi, purifie et fortifie ces aspirations généreuses qui poussent la famille humaine à améliorer ses conditions de vie et à soumettre à cette fin la terre entière. Assurément les dons de l'Esprit sont divers: tandis qu'il appelle certains à témoigner ouvertement du désir de la demeure céleste et à garder vivant ce témoignage dans la famille humaine, il appelle les autres à se vouer au service terrestre des hommes, préparant par ce ministère la matière du royaume des cieux. Mais de tous il fait des hommes libres pour que, renonçant à l'amour-propre et rassemblant toutes les énergies terrestres pour la vie humaine, ils s'élancent vers l'avenir, vers ce temps où l'humanité elle-même deviendra une offrande agréable à Dieu (14).

 Le Seigneur a laissé aux siens les arrhes de cette espérance et un aliment pour la route: le sacrement de la foi, dans lequel des éléments de la nature, cultivés par l'homme, sont changés en son Corps et en son Sang glorieux. C'est le repas de la communion fraternelle, une anticipation du banquet céleste.

 Notes:
 (10) Cf. Jn 1,3 1,14.
 (11) Cf. Ep 1,10
 (12) Cf. Jn 3,16 Rm 5,8-10
 (13) Cf. Ac 2,36 Mt 28,18
 (14) Cf. Rm 15,16




 Terre nouvelle et cieux nouveaux

39  Nous ignorons le temps de l'achèvement de la terre et de l'humanité (15), nous ne connaissons pas le mode de transformation du cosmos. Elle passe, certes, la figure de ce monde déformée par le péché (16); mais, nous l'avons appris, Dieu nous prépare une nouvelle terre où régnera la justice (17) et dont la béatitude comblera et dépassera tous les désirs de paix qui montent au coeur de l'homme (18). Alors, la mort vaincue, les fils de Dieu ressusciteront dans le Christ, et ce qui fut semé dans la faiblesse et la corruption revêtira l'incorruptibilité (19). La charité et ses oeuvres demeureront (20) et toute cette création que Dieu a faite pour l'homme sera délivrée de l'esclavage de la vanité (21).

 Certes, nous savons bien qu'il ne sert à rien à l'homme de gagner l'univers s'il vient à se perdre lui-même (22), mais l'attente de la nouvelle terre, loin d'affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller: le corps de la nouvelle famille humaine y grandit, qui offre déjà quelque ébauche du siècle à venir. C'est pourquoi, s'il faut soigneusement distinguer le progrès terrestre de la croissance du règne du Christ, ce progrès a cependant beaucoup d'importance pour le royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine (23).

 Car ces valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père "un royaume éternel et universel: royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d'amour et de paix" (24). Mystérieusement, le royaume est déjà présent sur cette terre; il atteindra sa perfection quand le Seigneur reviendra.

 Notes:
 (15) Cf. Ac 1,7
 (16) Cf. 1Co 7,31 St Irénée, Adv. Haer. V, 36, 1 : PG 7, 1222.
 (17) Cf. 2Co 5,2 2P 3,13
 (18) Cf. 1Co 2,9 Ap 21,4-5
 (19) Cf. 1Co 15,42 cf. 1Co 15,53
 (20) Cf. 1Co 13,8 3,14
 (21) Cf. Rm 8,19-21
 (22) Cf. Lc 9,25
 (23) Cf. Pie XI, encyc. Quadrg. anno: AAS 23 (1931) p. 207.
 (24) Préface pour le Christ Roi.


 

 

Gaudium et Spes 45



 Le Christ alpha et oméga

45  Qu'elle aide le monde ou qu'elle reçoive de lui, l'Eglise tend vers un but unique: que vienne le règne de Dieu et que s'établisse le salut du genre humain. D'ailleurs, tout le bien que le peuple de Dieu, au temps de son pèlerinage terrestre, peut procurer à la famille humaine, découle de cette réalité que l'Eglise est "le sacrement universel du salut (24)" manifestant et actualisant tout à la fois le mystère de l'amour de Dieu pour l'homme.

 Car le Verbe de Dieu, par qui tout a été fait, s'est lui-même fait chair, afin que, homme parfait, il sauve tous les hommes et récapitule toutes choses en lui. Le Seigneur est le terme de l'histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l'histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, le joie de tous les coeurs et la plénitude de leurs aspirations (25). C'est lui que le Père a ressuscité d'entre les morts, a exalté et à fait siéger à sa droite, le constituant juge des vivants et des morts. Vivifiés et rassemblés en son Esprit, nous marchons vers la consommation de l'histoire humaine qui correspond pleinement à son dessein d'amour : "ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre" (Ep 1,10).

 C'est le Seigneur lui-même qui le dit: "Voici que je viens bientôt et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ses oeuvres. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin" (Ap 22,12-13).

 Notes:
 (24) Conc. Vat. II, Const. dogm. de Ecclesia, LG 48
 (25) Cf. Paul VI, alloc. du 3 février février 1965 habita.


 

Ad Gentes 2-5


 Le dessein du Père

2    De sa nature, l'Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu'elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père (LG 1.)

   Le dessein découle de "l'amour dans sa source", autrement dit de la charité du Père qui, étant le principe sans principe, de qui le Fils est engendré, de qui le Saint-Esprit procède par le Fils, nous a créés librement dans sa trop grande bonté et miséricorde, et nous a de plus appelés gracieusement à partager avec sa vie et sa gloire ; qui a répandu sur nous sans compter sa miséricorde et ne cesse de la répandre, en sorte que lui, qui est le créateur de tous les êtres, devienne enfin "tout en tous" 1Co 15,28 en procurant à la fois sa gloire et notre bonheur. Il a plu à Dieu d'appeler les hommes à participer à sa vie non pas seulement de façon individuelle sans aucun lien les uns avec les autres, mais de les constituer en un peuple dans lequel ses enfants, qui étaient dispersés, seraient rassemblés dans l'unité Jn 11,52.


 La mission du Fils

3    Ce dessein universel de Dieu pour le salut du genre humain ne se réalise pas seulement d'une manière pour ainsi dire secrète dans l'âme des hommes, ou encore par des initiatives même religieuses, au moyen desquelles ils cherchent Dieu de bien des manières pour l'atteindre si possible et le trouver ; aussi bien n'est-il pas loin de chacun de nous Ac 17,27 ; car ces initiatives ont besoin d'être éclairées et redressées, bien que, de par un dessein bienveillant de la Providence divine, on puisse parfois les considérer comme une orientation vers le vrai Dieu ou une préparation à l'Evangile (2). Pour affermir la paix, autrement dit la communion avec lui, et pour établir la fraternité entre les hommes, - les hommes qui sont pécheurs - il décida d'entrer dans l'histoire humaine d'une façon nouvelle et définitive, en envoyant son Fils dans notre chair, afin d'arracher par lui les hommes à l'empire des ténèbres et de Satan Col 1,13 Ac 10,38, et de se réconcilier en lui le monde 2Co 5,19. Son Fils, par qui aussi il a fait les siècles (3), il l'a établi héritier de toutes choses, afin de tout restaurer en lui Ep 1,10.

 (2) cf. St Irénée, Adv. Haer.III, 18, 1: Le Verbe existant auprès de Dieu, par qui tout a été fait, et qui était toujours présent dans le genre humain : PG 7, 932. Ibid. IV, 6,7:   depuis le début le Fils, présent dans sa création, révèle le Père à tous ceux à qui le veut, quand le veut et comme le veut le Père  ; PG 7, 990. cf. Ibid. IV, 20, 6 et 7: PG 7, 1037. Id. Demonstratio n.34: PO XII, 773 ; Sources chr. 62, Paris 1958, p.87. Clemens Alex, Protrept.112,1: GCS Clemens I, 79. Id. Strom. VI, 6,44, 1: GCS Clemens II 453; 13,106, 3- 4: GCS, ibid.485. Pro doctrina ipsa: cf. Pie XII, nuntium radioph. 31/12/52. LG 16.
 (3) He 1,2 Jn 1,3 1,10 1Co 8,6 Col 1,16.




   Car le Christ Jésus fut envoyé dans le monde comme le véritable médiateur entre Dieu et les hommes. Puisqu'il est Dieu, toute la plénitude de la divinité habite en lui corporellement Col 2,9 ; dans sa nature humaine, il est le nouvel Adam, il est constitué le chef de l'humanité régénérée, il est rempli de grâce et de vérité Jn 1,14. Aussi par les voies d'une incarnation véritable, le Fils de Dieu est-il venu pour faire participer les hommes à la nature divine ; il s'est fait pauvre alors qu'il était riche afin de nous enrichir par sa pauvreté 2Co 8,9. Le Fils de l'Homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup, c'est-à-dire pour tous Mc 10,45. Les saints Pères proclament sans cesse que n'est pas guéri ce qui n'a pas été assumé par le Christ (4). Mais il a assumé la nature humaine dans toute sa réalité, telle qu'on la trouve chez nous, malheureux et pauvres, mais elle est chez lui sans péché He 4,15 9,28. Parlant de lui-même, le Christ, que le Père a consacré et envoyé dans le monde Jn 10,36 a dit ces paroles : "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par son onction ; il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue" Lc 4,18 ; et encore : "Le Fils de l'Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu" Lc 19,10.

 (4) cf. St Athanase, Epit. ad Epictetum 7: PG 26, 1060. St Cyrille Hieros, Catéch. 4,9 ; PG 33, 465. Marius Victorinus, adv. Arium 3,3: PL 8, 1101. St Basile, Epist. 261, 2: PG 32, 969. St Grégoire de Naz. Epist. 101: PG 37, 181. St Grégoire de N.Antirrheticus, adv. Apolin 17: PG 45, 1156. St Ambroise, Epist. 48, 5: PL 16, 1153. St Augustin, in Jn Evang. tr. Jean XXIII 6: PL 35, 1585; CChr 36, 236. en outre, c'est cet argument qui lui sert à démontrer que le Saint Esprit ne nous a pas rachetés puisqu'il ne s'est pas incarné : De agone Christ. 22, 24: PL 40, 302. St Cyrille d'Alex. adv. Nestor I, 1: pg 76, 20. sT Fulgence, epis. 17, 3,5 : pl 65, 454. Id. Ad Trasimumdum III, 21: PL 65, 284: de tristitia et timore.




   Ce qui a été une fois prêché par le Seigneur ou accompli en lui pour le salut du genre humain doit être proclamé et répandu jusqu'aux extrémités de la terre Ac 1,8, en commençant par Jérusalem Lc 24,47, de sorte que ce qui a été accompli une fois en vue du salut de tous, obtienne son résultat chez tous au cours des âges.


 La mission du Saint-Esprit

   Mais pour le réaliser pleinement, le Christ a envoyé d'auprès du Père le Saint-Esprit, qui accomplirait son oeuvre porteuse de salut à l'intérieur des âmes et pousserait l'Eglise à s'étendre. Sans l'ombre d'un doute le Saint-Esprit était déjà à l'oeuvre avant la glorification du Christ (5). Pourtant, le jour de la Pentecôte, il descendit sur les disciples pour demeurer avec eux à jamais Jn 14,16 ; l'Eglise se manifesta publiquement devant la multitude, la diffusion de l'Evangile commença avec la prédication ; enfin fut préfigurée l'union des peuples dans la catholicité de la foi, par l'Eglise de la Nouvelle Alliance, qui parle toutes les langues, comprend et embrasse dans sa charité toutes les langues, et triomphe ainsi de la dispersion de Babel (6). Car c'est à la Pentecôte que commencèrent "les actes des apôtres", tout comme c'est lorsque le Saint-Esprit vint sur la Vierge Marie que le Christ fut conçu, et lorsque le même Esprit-Saint descendit sur le Christ pendant sa prière que le Christ fut poussé à commencer son ministère (7). Le Christ Jésus lui-même, avant de donner librement sa vie pour le monde, a de telle sorte organisé le ministère apostolique et promis d'envoyer le Saint-Esprit, que ce ministère et cette mission sont tous deux associés pour mener à bien, toujours et partout, l'oeuvre du salut (8). A travers toutes les époques, c'est le Saint-Esprit qui "unifie l'Eglise tout entière dans la communion et le ministère, qui la munit des divers dons hiérarchiques et charismatiques"(9), vivifiant à la façon d'une âme (10) les institutions ecclésiastiques et insinuant dans les coeurs des fidèles le même esprit missionnaire, qui avait poussé le Christ lui-même. Parfois même il prévient visiblement l'action apostolique (11), tout comme il ne cesse de l'accompagner et de la diriger de diverses manières (12).

 (5)  C'est l'Esprit-Saint qui a parlé par les prophètes : Symb. Constantin.: DS 150. St Léon le grand, sermon 76: PL 54, 405-406: Quand au jour de la Pentecôte l'Esprit-Saint remplit les disciples du Seigneur, ce ne fut pas le début d'un don mais une largesse surajoutée à d'autres: les patriarches, les prophètes, les prêtres, les saints qui vécurent aux temps anciens ont été nourris du même Esprit sanctifiant ... bien que la mesure des dons ait été différente . Etiam sermo 77, 1: PL 54, 412. Léon XIII, encyc. Divinum illud: ASS 1897, 650-51. Etiam St Jean Chrysostome  bien qu'il insiste sur la nouveauté de la mission du St Esprit au jour de la Pentecôte : In Eph. c. 4, hom. 10,1.
 (6) De Babel et Pentec. saepe loquuntur Ss. Patres: Origènes, In Genesim, c. 1 : PG 12, 112. St Grégoire de Naz. Oratio 41, 16: PG 26, 449. St Jean Chrysost. Hom. 2 in Pentec. 2, PG 5O, 467. Id Act. Apost. PG 60, 44. St Augustin, En. in Ps. 54, 11 : PL 36, 636 ; CChr.39, 664 s. ID. Sermo 271 : PL 38, 1245. St Cyrille d'Alex. Glaphyra in Genesim II: PG 699, 79. St Grégoire M.Hom. in Evang., lib. II, hom.30, 4: PL 76, 1222. st Bède, in Hexaem. lib. III: PL 91,125. L'Eglise parle toutes les langues et ainsi rassemble tous les hommes dans la catholicité de la foi   St Augustin sermons 266, 267, 268, 269: PL 65, 743-744. sur la Pentecôte comme consécration des apôtres à la mission , cf. J.A.Cramer, Catena in Acta SS. Apostol. Oxford 1838, pp. 24 s.
 (7) Lc 3,22 4,1 Ac 10,38.
 (8) Jn 14-17. Paul VI, Alloc. in Concile habita du 14/09/1964: AAS 56 (1964), p. 807.
 (9) LG 4.
 (10) St Augustin, sermon 267, 4: PL 38, 1231: ce que fait l'âme dans tous les membres d'un même corps, le St Esprit le fait dans l'Eglise tout entière . LG 7, note 8.
 (11) Ac 10,44-47 11,15 15,8.
 (12) Ac 4,8 5,32 8,26 8,29 8,39 9,31 10 11,24-28 13,2 13,4 13,9 16,6-7 20,22-23 21,11, etc.




 L'Eglise envoyée par le Christ

   Dés le début de son ministère, le Seigneur Jésus "appela à lui ceux qu'il voulut, et en institua douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher" Mc 3,13 Mt 10,1-42. Les apôtres furent ainsi les germes du Nouvel Israël et en même temps l'origine de la hiérarchie sacrée. Puis, une fois qu'il eut par sa mort et sa résurrection accompli en lui les mystères de notre salut et de la restauration du monde, le Seigneur, qui avait reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre Mt 28,18, fonda son Eglise comme le sacrement du salut, avant d'être enlevé au ciel Ac 1,11 ; tout comme il avait été lui-même envoyé par le Père Jn 20,21, il envoya ses apôtres dans le monde entier en leur donnant cet ordre : "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du St Esprit, et leur apprenant observer tout ce que je vous ai prescrit" Mt 28,19 ; "Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné" Mc 16,154. C'est de là que découle pour l'Eglise le devoir de propager la foi et le salut apportés par le Christ, d'une part en vertu du mandat exprès qu'a hérité des apôtres l'Ordre des évêques, assisté par les prêtres en union avec le successeur de Pierre, pasteur suprême de l'Eglise, et d'autre part en vertu de l'influx vital que le Christ communique à ses membres : le Christ "dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion, par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même dans la charité" Ep 4,16. La mission de l'Eglise s'accomplit donc par l'opération au moyen de laquelle, obéissant à l'ordre du Christ et mue par la grâce de l'esprit-Saint et la charité, elle devient en acte plénier présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l'exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ, de telle sorte qu'elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ.

   Cette mission continue et développe au cours de l'histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle ; c'est donc par la même route qu'a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l'Esprit du Christ, l'Eglise doit marcher, c'est-à-dire par la route de la pauvreté, de l'obéissance, du service et de l'immolation de soi jusqu'à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection. Car c'est ainsi dans l'espérance qu'ont marché tous les apôtres, qui ont achevé par leurs multiples tribulations et souffrances ce qui manque à la passion du Christ au profit de son Corps, l'Eglise Col 1,24; souvent aussi le sang des chrétiens fut une semence (13).

 (13) Tertullien, Apologeticum 50, 13: PL 1, 534, CChr 1, 171.


 

 


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